21 janvier 2010

Orthophonie & Maladie d'Alzheimer -

L'orthophonie pour contrer Alzheimer

Orthophoniste libérale à Halluin, Zoé Vandewiele vient trois fois par semaine travailler avec Mariette. Orthophoniste libérale à Halluin, Zoé Vandewiele vient trois fois par semaine travailler avec Mariette.

La prise en charge de la maladie d'Alzheimer est avant tout pluridisciplinaire. À l'Orée du Mont, certains patients sont notamment suivis par Zoé Vandewiele, orthophoniste qui intervient pour prévenir de la dégénérence et maintenir leurs capacités cognitives.



Journal Nord Eclair

12 janvier 2010


Assise à ses côtés sur le lit, Mariette (1) a aujourd'hui 72 ans. Elle est suivie en unité Alzheimer depuis avril 2009. Depuis elle rencontre son orthophoniste trois fois par semaine pour des séances individuelles et personnalisées.
« La maladie entraîne une perte progressive des fonctions cognitives. Contrairement à d'autres maladies neurologiques, ici, il n'y aura pas d'acquisition. Il s'agit de préserver et maintenir les capacités », explique Zoé Vandewiele. Aujourd'hui Mariette n'est pas très réceptive aux sollicitations de l'orthophoniste. Elle peine à dire son nom, à répondre par l'affirmative ou la négative aux questions que lui pose Zoé. Même quand la soignante lui souhaite un joyeux anniversaire et chantonne, elle ne réagit pas. « Elle est très fatiguée, en ce moment. Là, elle n'a eu aucune réaction par rapport à l'événement. En général, quand on chante Joyeux anniversaire les gens ont quand même une mimique, un sourire associé ». Mais cet après-midi, Mariette s'endort au fur et à mesure de la séance.

Autre aspect majeur :
la déglutition

Le suivi orthophonique des malades d'Alzheimer trouve sa pleine efficacité lorsqu'il est instauré dès les premiers symptômes. Dans la pratique malheureusement, il est souvent mis en place tardivement, quelquefois deux à trois ans après le début de la maladie.
L'objectif est ici d'optimiser le langage : « Pour maximiser la communication du patient. J'ai lu une fois : "Les besoins de l'être humain, c'est d'être aimé, d'être utile et d'exprimer ses émotions" ». Être aimé : en plus des échanges familiaux, ceux avec le personnel sont souvent très affectifs entre soignants et patients. Être utile : « Ils s'aident beaucoup entre eux. Ils ont besoin de materner, ça leur permet aussi de garder une dignité d'adulte ». D'exprimer ses émotions, c'est là qu'intervient Zoé Vandewiele. « Pour préserver le langage verbal et non-verbal ». Mais aussi pour prévenir de l'apraxie - trouble de l'utilisation gestuelle - et de l'agnosie - trouble de la reconnaissance des objets visuels.
Lorsqu'elle arrive à l'Orée du Mont, Zoé Wandewiele a toujours dans sa sacoche sa boîte de cartes sur lesquelles sont imagés des mots simples : un chat, une voiture, une brosse à dent. « Le but c'est d'obtenir d'eux qu'ils disent le mot, ils auront quelquefois besoin d'ébauches ou de facilitateurs. Pour une fourchette par exemple on commencera par dire "une ffff...". D'autres patients seront plus réceptifs si on leur décrit le mot par l'usage "ça sert à manger, on l'utilise avec un couteau"... » D'autres techniques stimulent le patient comme les fins de phrases automatiques : « on va chercher le pain chez le... boulanger » ou le récit automatique de série : les mois, les jours. « Il faut faire attention à ne pas infantiliser le patient. Mais plutôt surexploiter ses atouts pour créer un nouveau mode de communication. En priorité pour qu'il exprime ses besoins primaires. ».
Un autre aspect majeur du suivi, c'est la déglutition. « La maladie entraîne des spasmes inappropriés, notamment laryngo-pharyngés. Ce qui augmente le risque de fausses routes : avaler de travers ». Les liquides et solides s'accumulant peuvent entraîner le développement d'une pneumopathie. « On va alors travailler sur le souffle, comme on l'a fait avec Mariette avec une paille. On incite le patient à avaler en baissant le plus possible le menton ».
Mais aujourd'hui, Mariette n'est pas décidée pour les exercices. Elle s'endort. « Depuis avril, elle a maintenu ses capacités de compréhension.

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